Éducation nationale : la fabrique des illettrés

Jean-Baptiste Leon rédacteur en chef Enquêtes du contribuable
Le 30/09/2015

«L’Éducation nationale ne souffre pas d’un manque de moyens ou d’un nombre trop faible d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants. » Ce constat est celui de la Cour des comptes dans son rapport de mai 2013 sur la gestion des enseignants par le ministère de l’Éducation.

Enquêtes du contribuable EcoleÉdito du numéro «École : nos enfants en péril», Les Enquêtes du contribuable n°13, octobre/ novembre 2015. En kiosque le 1er octobre. Numéro disponible sur notre boutique en ligne.

«L’Éducation nationale ne souffre pas d’un manque de moyens ou d’un nombre trop faible d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants. »

Ce constat est celui de la Cour des comptes dans son rapport de mai 2013 sur la gestion des enseignants par le ministère de l’Éducation. Quelques repères : un élève, ou un étudiant, coûte 2 200 euros par an à chaque Français. Pour les seules rémunérations des plus de 830 000 enseignants du public et du privé sous contrat que compte notre pays, la France a dépensé 49,9 milliards d’euros en 2011, soit pas moins de 17 % du budget général de l’État.

Depuis 25 ans, les dépenses d’éducation n’ont cessé de croître, tandis que le nombre d’élèves, lui, diminue (de 43 par classe dans le primaire dans les années 1960, il est descendu à 23 élèves aujourd’hui), et que le niveau s’effondre. La France ne cesse de chuter dans les classements internationaux.

Il n’y a pas que sur le plan comptable que le bât blesse, on ne le sait que trop. Logique, si l’on peut dire, puisque l’école n’a plus vocation à transmettre des connaissances, mais entend produire de « bons citoyens ». Ce programme de rééducation par l’école se traduit par l’abandon méthodique de matières et d’un savoir-faire éprouvés par des générations de maîtres. Le formatage des esprits altère la capacité de raisonnement et conduit à la perte du sens critique. Le Léviathan façonne des « sujets » dont il entend qu’ils lui soient soumis.

«Résister, apaiser, unir, fabriquer du commun, opposer les valeurs de la République à la division, c’est la mission de l’École ! » proclamait Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, il y a peu. Son prédécesseur, Vincent Peillon, était plus transparent encore dans son livre intitulé « La Révolution française n’est pas terminée » (Éditions du Seuil, 2008). Il y appelait l’école, « nouvelle Église », à opérer « ce miracle de l’engendre- ment par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen. » Rien de moins…

Deux ministres, un même discours incantatoire dans la veine des idéologues et autres super pédagogues qui, depuis le Plan Langevin-Wallon de 1947 (et sous la IIIe République, déjà…), ont fait de l’école le champ de leurs expérimentations collectivistes et l’ont transformée en fabrique des illettrés.

Réforme du collège, théorie du genre, sacrifice du latin et du grec… Un mal pour un bien, peut-être ? Face à la débandade éducative, les familles reprennent en main l’instruction de leurs enfants, le soir à la maison. Certaines même, de plus en plus nombreuses, se lancent dans la création d’établissements indépendants. Le contribuable y trouve son compte : ces écoles privées hors contrat ne lui coûtent rien.

 Jean-Baptiste Leon, rédacteur en chef des Enquêtes du contribuable

Enquêtes du contribuable EcoleNouveau numéro ! «École : nos enfants en péril»Les Enquêtes du contribuable d’octobre/novembre 2015. En kiosque. Vous pouvez commander en ligne ce numéro : 5,50 €€ (port compris).

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Publié par Jean-Baptiste Leon le 30/09/2015
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  • reiller

    Les discours ministériels sont stupides d’idéologie, heureusement en classe c’est différent .
    Reste à comprendre vraiment pourquoi notre école primaire produit tant d’élèves en déroute scolaire. Et pourquoi l’on change sans cesse les programmes du secondaire, pour une efficacité nulle.