Sport : la dépense publique a du muscle ! – L’édito de Jean-Baptiste Leon

sport argent public
Le 16/07/2015

La mainmise de l’administration sur le sport est considérable. L’État s’est jeté dans la mêlée en 1936 avec la création par le Front populaire d’un sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports, piloté à l’époque par le très idéologue Léo Lagrange. Et depuis qu’il a pris le brassard de capitaine, le Léviathan ne manque pas de joueurs.

Édito du numéro «Sport et argent public : la France qui perd», Les Enquêtes du contribuable n°12, août/ septembre 2015. En kiosque le 22 juillet. Numéro disponible sur notre boutique en ligne.

 Le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a publié, en février dernier, une étude sur « le poids économique du sport en 2012 », en France. Les données statistiques, abondantes, qui courent sur les années 2005-2012, dressent un état des lieux précis de la « dépense sportive nationale », et de sa musculeuse filière publique. Sa lecture est un exercice de haut niveau. Petite revue d’effectif.

Le sport est un acteur non négligeable de l’économie française : le secteur pèse 36,5 milliards d’euros sur la balance, soit 1,74 % du PIB. Et si la côte est raide en ces temps de crise économique, le secteur public, grimpeur poids lourd dopé à l’argent public, a pris le maillot jaune (16,8 milliards euros de dépenses dans le secteur) devançant pour la première fois en 2012 les ménages (16,3 milliards de dépenses). La contribution de l’industrie privée ?, une paille ! Les entreprises, lanterne rouge du peloton, n’apportent que 3,3 milliards d’euros à l’économie du secteur, leurs investissements stagnant depuis 2008 ! Notre balance commerciale extérieure en biens sportifs est déficitaire depuis au moins 2009. Que ce soient maillots de bain, survêtements, articles de chasse ou bicyclettes, la France importe plus qu’elle n’exporte.

La mainmise de l’administration sur le sport est considérable. L’État s’est jeté dans la mêlée en 1936 avec la création par le Front populaire d’un sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports, piloté à l’époque par le très idéologue Léo Lagrange. Et depuis qu’il a pris le brassard de capitaine, le Léviathan ne manque pas de joueurs : on dénombre aujourd’hui 44 700 agents de l’État (des professeurs d’EPS pour la plupart) et près de 58 000 agents dans les collectivités territoriales : animateurs sportifs, gestionnaires et personnel d’entretien des équipements sportifs… Le cabinet privé Kurt Salmon a calculé que, sur les 10,5 milliards (12,1 milliards, selon le ministère des Sports) injectés par les collectivités dans le secteur, 64 % relèvent des dépenses de fonctionnement…

Et le match n’est pas fini, car du sport et des dépenses, vous allez en avoir ! Pour ne citer que quelques-uns des grands événements à venir en France : Eurobasket 2015, Championnat d’Europe UEFA de football 2016, Championnat du monde de handball 2017, et éventuels JO à Paris en 2024… Dans ce numéro, nous chiffrons avec précision le coût présent et à venir des grands travaux (stades, infrastructures…) que nécessitent ces agapes sportives qui sont, de nos jours, le nouvel opium du peuple.

L’addition est salée, mais s’il vous plaît, ne le prenez pas mal, chers amis contribuables, vous avez du pain et des Jeux ! Et veuillez ouvrir vos poches, car comme le disait le baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes, « l’important, c’est de participer »

jean baptiste leon enquêtes du contribuableJean-Baptiste Leon, rédacteur en chef des Enquêtes du contribuable

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sport argent publicNouveau numéro ! «Sport et argent public : la France qui perd»Les Enquêtes du contribuable d’août/septembre 2015 – 5,50 €€. Vous pouvez commander en ligne ce numéro. 

Le magazine des contribuables

Assistanat, syndicats, fraudes sociales, hauts fonctionnaires, aides publiques aux entreprises… Tous les deux mois, Les Enquêtes du contribuable approfondissent dans des dossiers didactiques un thème majeur de l’actualité économique et sociale. Revue de référence en matière d’argent public, Les Enquêtes du contribuable vous permettent d’être réellement informé des dérives grandissantes et cachées que connaît notre pays. Ce magazine de conviction porte un regard différent sur l’actualité qu’il analyse du point de vue des contribuables. 5,50€. Abonnement : 6 numéros par an pour 33 €.

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Publié par Jean-Baptiste Leon le 16/07/2015
Par jamas, le 08/08/2015

16 milliards €. annuels d’argent public consacrés au sport en général, c’est vrai que ça fait beaucoup.
Quand on est dans les dettes publiques à n’en plus finir il faut certainement réduire pas mal la voilure. Et comme dirait l’autre  »ça n’est jamais que du sport ».
Moi, avec une paire de baskets tous les 3 ans, une paire de ski de fond + l’accoutrement adéquat tous les 5 ans, un vélo + l’accoutrement adéquat tous les 15 ans, (payés entièrement de ma poche, je précise), allez rajoutons un maillot de bains, sans adhérer à aucun quelconque club, j’arrive à me maintenir en santé. Jugez-en : 60 ans, et 67 kilos pour 1,72 mètre !
Le sport est un marché. Avec ses groupes industriels qui essaient d’y placer leurs produits, leur chiffre d’affaires en fait. Avec les chasseurs d’emploi public sécurisé qui y voient un plan de carrière. Aves les politiciens qui y voient le moyen de cultiver leur notoriété médiatique.
Dans la mesure ou tout cela ne contribuait pas à alourdir nos déficits publics, je n’y verrais aucun inconvénient. Mais ça n’est pas le cas. On s’endette pour faire tourner ce système. Et là comme ailleurs ce sont les générations futures qui vont payer la note de notre système économique d’aujourd’hui. Cela n’est pas viable à terme et pas réglo vis à vis de ces fameuses générations futures qui n’ont pas voix au chapitre au moment où l’on s’endette sur leur dos.
Un mot sur le sport de haut niveau ou le sport du star système. Les stars du sport gagnent des fortunes. Footballeurs, basketteurs, golfeurs, tennismans, pilotes automobiles, cyclistes, athlètes à 1 million €. mensuels, on en compte de plus en plus.
M. Platini émargeait à 500 000 Francs français mensuels (76 000 €.) dans les années 80. Quid des stars actuelles, du PSG par exemple ?
Comment dans ces conditions valoriser correctement le travailleur du quotidien qui sue tout autant pour 1 à 2 fois le SMIC ? Comment trouver une éthique ou une morale sociétale entendable face à ces distorsions de rémunérations ?
Pas d’argent public surfait pour le sport qui pervertit les bons équilibres sociétaux.

Par zelectron, le 18/07/2015

quid du coefficient d’occupation des stades tout au long de l’année ?

Par reiller, le 17/07/2015

Les empereurs romains utilisaient déjà cette ficelle….

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