Pascal Perri, un économiste hors des sentiers battus

innocent pascal perri
Le 22/06/2015

Homme de terrain, Pascal Perri a fait l’apprentissage de l’économie "sur le tas". Portrait d’un spécialiste qui croit aux vertus de l’expérience plus qu’aux constructions théoriques.

Une SNCF Enquêtes du contribuable juin 2015Pascal Perri est le « grand témoin » du numéro de juin/juillet 2015 des Enquêtes du contribuable, «SNCF, ça déraille!». En kiosque. Numéro disponible sur notre boutique en ligne.

Le monde des économistes est plutôt feutré. On y polémique à fleurets mouchetés avec les confrères et c’est finalement compréhensible. Passés par le même moule, les économistes « officiels » se côtoient et se tutoient. On imagine donc leur stupeur lorsque Pascal Perri a osé s’introduire dans leur club très fermé.

C’est peu dire que le parcours de Pascal Perri n’est pas celui d’un économiste classique. Après des études de droit, il entre à RFO où il présente le journal télévisé. A l’issue d’un dernier poste en Guyane, il quitte le service public et le journalisme pour s’occuper, en 1996, de « Pain et force », une entreprise de boulangerie industrielle pratiquement en faillite. En quatre ans, il redressera la société. Ensuite, il participera à la direction d’Air Lib, le premier pôle low cost du transport aérien intérieur français, sans pouvoir, cette fois, empêcher la cessation de paiements.

Les deux expériences sont fondatrices. Pascal Perri a d’abord appris l’économie sur le terrain, en n’hésitant pas à se mettre en danger. Un tel apprentissage ne peut que déplaire à ceux qui soulignent son approche empirique, loin de la doxa régnante. Lui reproche plutôt à ses détracteurs de trop penser dans les boîtes, de ne pas sortir de leurs systèmes. Même s’il se veut libéral et peu favorable aux monopoles d’État, cet homme est tout sauf un idéologue.

Des talents de polémiste

Cela veut-il dire qu’il méprise le savoir académique ? Pas vraiment. A 47 ans, il présente à l’université de Perpignan une thèse de doctorat intitulée : « Du monopole pur et dur aux compagnies low cost : quand le ciel s’est ouvert ». On daube sur son cursus universitaire mais cela ne l’empêche nullement de multiplier interventions et ouvrages sur les sujets les plus variés, de l’agriculture aux services publics, ni de participer depuis 2006 aux « Grandes Gueules » sur RMC où se révèlent ses talents de polémiste. Consultant au service des entreprises, sa société aligne en outre des références impressionnantes. Cet économiste hors normes n’est décidément pas un économiste sans bagages.

Guirec Le Guen

Vous retrouverez ici, l’entretien que Pascal Perri nous a accordé dans le cadre de notre numéro « SNCF, ça déraille ! ».


Bio-Express

1959 : naissance.

1996 : gestion de « Pain et Force », boulangerie industrielle.

2002 : chef de cabinet du PDG d’Air Lib et directeur de la communication et des relations extérieures.

2005 : création de PNC Marketing Services, société de conseil aux entreprises.

2006 : soutenance d’une thèse de doctorat en géographie-aménagement. Début de participation à l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC.

2011 : création avec Jean-Paul Tréguer de l’Association des entreprises low cost.


Une SNCF Enquêtes du contribuable juin 2015Nouveau numéro ! «SNCF, ça déraille !»Les Enquêtes du contribuable de juin/juillet 2015– 5,50€. En kiosque le lundi 1er juin. Vous pouvez commander en ligne ce numéro et également sur abonnement

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Publié par Rédaction le 22/06/2015
  • reiller

    L’ennui voyez vous est que dans notre situation, la solution implique une augmentation du chômage, qu’il sera bien difficile d’accepter pour des tas de raisons et en particulier ce détail : nous n’avons plus d’entreprises capables d’augmenter leurs effectifs à moyen terme. C’est le résultat de comportements idéologiques dépassés depuis 40 ans au moins, et d’une lutte aussi longue contre le chômage qui consiste toujours à refuser le changement en maintenant ou créant artificiellement des postes salariés (je n’ai pas écrit « postes de travail » tant certains de ces emplois sont artificiels)

  • Alain Sebirot

    Les vérités ne durent qu’un temps ! Les aléas de la vie, les enchainements de décisions! Le tout à l’échelle planétaire ! Il est important de comprendre globalement comment tout cela fonctionne ! Et notamment par ceux qui dirigent le Pays, quels qu’ils soient ! Sans vouloir donner de leçons,, en économie il n’y a pas de place pour les dogmes…..! Essayer de comprendre comment économiquement fonctionne le monde ! Depuis la chute du communisme, le monde est redevenu globale, avec toutes les conséquences économiques que l’on connait ! Les pays émergents veulent leur part et ils ne nous ferons pas de cadeaux ! Les ex puissances aspirent à leurs anciens empires etc… Nous sommes dans l’Europe avec l’obligation d’y rester ! ( seul nous ne pesons que du déficit) et rien face à la Chine La Russie L’inde et les Amériques! Donc nous aurons besoins dans un avenir proche;non pas d’idéologie dogmatique! Mais de personnalités politiques responsables, conscientes de toutes ses équations et êtres en capacité de faire les changements impératifs qui conviennent, acceptés par la majorité en France mais également en Europe..

  • reiller

    Economiste ou homme de bon sens? Polémiste, ou parler vrai?
    Il est vrai que celui là n’est pas dans le moule du verbiage ambiant, où les phases sans fin se terminent sans sens, et où les petites phrases ne sont que jeux de mots pour faire briller l’auteur.
    Etre économiste c’est s’intéresser à l’économie, c’est tout. Est ce une science? j’en doute, une science suppose une vérité démontrable, aucun de nous n’a envie d’être réduit à des équations. J’ai la liberté de changer d’avis demain, de me mettre à tout dépenser, ou le contraire sans autre raison que mon bon plaisir. Que des économistes observent, fassent des statistiques, ou des additions approximatives,… en fait des observateurs du phénomène économique, bons, mauvais, ou biaisés par des présupposés idéologiques. Celui là est un bon, mais pas sans idéologie.
    Un mot pour ceux qui croient aux cycles. Vous croyez vraiment que depuis 1929, les chose n’ont pas suffisamment changé, en particulier en diffusion des informations, pour que l’histoire puisse se répéter? Vous croyez vraiment que l’abandon de tout étalon monétaire n’a pas bouleversé toutes les conditions des équilibres économiques?