Public – privé : le grand fossé

jean baptiste leon enquêtes du contribuable
Le 02/02/2015

Le scandaleux régime de faveur dont bénéficient les fonctionnaires plombe les comptes de la nation. Et les dindons de la farce, écrasés d’impôts pour financer le train de vie de la fonction publique, on les connaît : ce sont les salariés du privé.

inégalités public privé Enquêtes du contribuableEdito des Enquêtes du contribuable n°9 février/mars 2015, «Les inégalités public-privé». En kiosque le lundi 2 février 2015. Disponible sur notre boutique en ligne.

«J’ai la sécurité de l’emploi, une meilleure retraite, je fais la grève… et je vous emmerde !» assène, comme au sortir de la sieste, un fonctionnaire, fier de lui et de son pouvoir de nuisance, vautré dans son fauteuil, les mains derrière la tête et les pieds sur le bureau.

Alain Trez a su croquer en un dessin, que vous découvrirez (ou redécouvrirez) dans ce numéro consacré aux inégalités entre les secteurs public et privé, toute la morgue et l’arrogance de certains agents de la fonction publique. Ce grand nom du dessin de presse, qu’on ne lit pas dans Charlie Hebdo, sévit depuis plus de vingt ans dans les publications de Contribuables Associés, hier dans Les Dossiers du contribuable, aujourd’hui dans Les Enquêtes.

Pour rester dans cette veine picturale, évoquons ici un des dessins les plus connus de l’Histoire de la caricature – il remonte à la Révolution française et illustre nos manuels scolaires depuis des générations. On y voit un paysan portant sur son dos un prélat et un noble. Cette eau-forte en couleurs datée de 1789 fait allusion aux impôts dont le poids retombe en entier sur un peuple écrasé par les privilèges du Clergé et de la Noblesse. «A faut esperer q’eu s’jeu la finira ben tôt» clamait le pauvre laboureur. Il est à craindre que ce vœu pieux – et quoi que nous veuille en faire accroire l’Histoire officielle – n’ait guère été entendu. Alain Trez (oui, encore lui) donne d’ailleurs sa vision actualisée de ce classique de la satire politique en page 19.

Si Richelieu parlait en un autre temps de ces mêmes laboureurs comme des « baudets de l’Etat », aujourd’hui, ce sont les forces vives du secteur privé qui en ont plein le dos et que l’Etat prend pour des bêtes de somme. La « justice sociale », si chère au cœur de nos gouvernants, ce n’est pas pour eux.

Car la crise, quoi qu’on en dise, elle est pour le privé, pas pour le public ! Malgré le gel du point d’indice, les fonctionnaires continuent à bénéficier de l’avancement à l’ancienneté (une mesure des plus contre-productives) et d’avantages sociaux les élevant au-dessus du reste des salariés.

Sécurité de l’emploi, salaire, congés, retraite, logement, prestations familiales, temps de travail, arrêts maladie… Nous avons dressé la liste des 10 plus grandes inégalités entre le public et le privé (un secteur où tout est loin d’être parfait, comme je vous invite à le lire). Inutile de chercher, vous ne trouverez pas mieux que le régime des fonctionnaires…

En effet, il n’y a pas photo ! Le scandaleux régime de faveur dont bénéficient les fonctionnaires plombe les comptes de la nation. Il se taille la part du lion dans ces dépenses publiques qui brûlent 57 % de la richesse nationale. Et les dindons de la farce, écrasés d’impôts pour financer le train de vie de la fonction publique, on les connaît : ce sont les salariés du privé.

Jean-Baptiste Leon, rédacteur en chef des Enquêtes du contribuable

inégalités public privé Enquêtes du contribuable«Les inégalités public-privé», Les Enquêtes du contribuable de février/mars 2015. 3,50€€. En kiosque le lundi 2 février et sur abonnement. Vous pouvez commander en ligne ce numéro

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Publié par Jean-Baptiste Leon le 02/02/2015