Elus et fonctionnaires : les liaisons dangereuses

jean baptiste leon enquêtes du contribuable
Le 25/09/2014

Les hauts fonctionnaires monopolisent les postes clés de l’Etat et produisent des hommes politiques qui, formatés par ce système, renoncent à le réformer.

hauts fonctionnaires enquêtes du contribuable 7 hauts fonctionnairesEdito des Enquêtes du contribuable n°7 octobre/novembre 2014, «Les enfants gâtés de l’Etat» – 68 pages, 3€ 50. En kiosque le mercredi 1er octobre. Vous pouvez d’ores et déjà le commander en ligne (3,50 €€, port gratuit).

La moitié des parlementaires sont des fonctionnaires ou assimilés. Dix des seize ministres du gouvernement Valls II sont hauts fonctionnaires et trois d’entre eux viennent de l’enseignement public.

Cette très nette surreprésentation des élus issus de la fonction publique au gouvernement et au Parlement est une exception française. D’aucuns l’expliquent par le fait que des individus qui ont choisi d’être des  fonctionnaires ont par définition le goût de la chose publique.

Mais elle se justifie certainement plus par les facilités d’accès à la mandature dont bénéficient les fonc­tionnaires. Ceux-ci ont, en effet, la possibilité de se mettre en disponibilité le temps de leur mandat. Une fois celui-ci achevé ou après une déroute électorale, l’élu retrouve poste, grade et salaire de départ. Et dans un monde comme celui de la politique où la cooptation, voire la consanguinité, sont reines, les politiciens issus de l’administration ouvrent les portes à leurs collègues.

Deux moments soulignent cette irruption des commis de l’Etat dans la vie politique et, plus particulièrement, à l’Assemblée nationale. D’abord, les élections législatives de 1978 à l’issue desquelles beaucoup d’énarques deviennent députés, dont, à droite, Gérard Longuet, Philippe Séguin, François Léotard…

Et si,  jusqu’à la fin des années quatre-vingt, la haute fonction publique est mieux représentée dans les partis du centre et de droite que dans les formations politiques de gauche, les choses commencent à changer à partir de 1981 : un contingent de professeurs et d’instituteurs, mais aussi d’énarques, sort du chapeau de François Mitterrand. Parmi eux, Jacques Attali, Elisabeth Guigou, Ségolène Royal, ou encore François Hollande. Trente-trois ans plus tard, cette caste dirige toujours le pays avec le succès que l’on sait…

Les hauts fonctionnaires monopolisent les postes clés de l’Etat et produisent des hommes politiques qui, formatés par ce système, renoncent à le réformer.

Les parlementaires-fonctionnaires sont à la fois juge et partie. Comment un fonctionnaire, qui vit par définition de l’argent public, pourrait-il voter l’impôt en toute indépendance et se prononcer sur le budget de l’Etat ? Comment un fonctionnaire pourrait-il se montrer favorable à une réduction drastique des effectifs de la fonction publique, mesure pourtant incontournable pour baisser la dépense publique ?

Si le statut de fonctionnaire n’était pas garanti à vie, la société française serait plus ouverte et plus mobile. C’est pourquoi il faut absolument exiger que les parlementaires démissionnent de la fonction publique une fois élus. Contribuables Associés continue de se battre sur ce terrain en poursuivant la mobilisation de l’opinion publique et en maintenant la pression sur les élus.

Jean-Baptiste Leon, rédacteur en chef des Enquêtes du contribuable

«Les enfants gâtés de l’Etat», Les Enquêtes du contribuable n°7 octobre/novembre 2014. 68 pages – 3,50 €€. En kiosque le mercredi 1er octobre et sur abonnement. Vous pouvez d’ores et déjà commander en ligne ce numéro (3,50 €€, port gratuit)

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Publié par Jean-Baptiste Leon le 25/09/2014
  • Pingback: Dans l’ombre des élus | On n'est pas des Enfoirés()

  • gege60

    Le danger libéral ! Fantasme, psychodrame franco-français.

    Français pétochards, soyez rassurés : le mouvement
    libéral au sens noble, est hélas très minoritaire en France

    Le libéralisme n’a jamais été appliqué en France, car il a contre lui les gauches et la droite jacobine soit 90 % de nos élus. A peine 10/15 % de libéraux ! Ce qui explique notre immobilisme, notre
    refus des réformes, l’inexorable déclin moral et économique de notre pays. Le monde entier nous regarde avec stupeur et incompréhension pour les uns, moquerie et dénigrement pour les autres. Notre France a une image internationale très dégradée ce qui n’est pas bon pour le tourisme, le commerce, nos exportations. Avec notre arrogance légendaire. Dans la famille républicaine, il y a certaines choses qu’on fait mais dont on ne parle pas. Il
    en va ainsi du libéralisme dans notre belle et déclinante France.

    Notre classe politique est issue en grande partie de la « Bourgeoisie d’Etat ». Comment en arrivent-ils à débiter tant de sottises
    sur l’économie libérale, alors qu’ils sont intelligents, diplômés et qu’ils se gardent bien de réformer la France ?

    Nos politiques, tous adeptes de l’économie de marché et néanmoins
    anti-libéraux, disent des contrevérités, l’économie de marché est la fille naturelle du capitalisme et du libéralisme.

    Les programmes du FN, des Gauches, du centre, et de 50 % de la droite ! C’est comme toujours une politique de socialisme rampant ; assistanat, réformettes, allocations, fiscalité en folie, niches et dérogations, maintien des statuts et des privilèges…. Une Nomenklatura (en russe : номенклату́ра) copie française de
    la défunte URSS

    A ce jour pas de sauveur a l’horizon ! Non pas qu’il n’existe pas en France quelqu’un quelque part qui soit à la hauteur
    mais notre « Nomenklatura » de politiciens professionnels fait
    et fera tout pour qu’il n’émerge pas!

    C’est à l’homme politique d’établir des règles sociales, après
    avoir créé les richesses. Il faut organiser une juste répartition entre le
    capital et le travail, organiser la solidarité républicaine, sans
    assistanat.

    Les débats avec les « alter », les gauches sont très difficiles, c’est
    un autre monde très sectaire, des chapelles, multiforme, intello, aux
    programmes marxistes utopiques, porté par des croyances irrationnelles qui relèvent de la foi et du rêve.

    Notre jeunesse, à la fois victime et bénéficiaire du système
    suivent, comme des enfants gâtés, les idéologues qui leur promettent le pays imaginaire, merveilleux, dégoulinant de friandises gratuites comme dans les contes des frères Grimm. Logements gratuits, études gratuite, santé gratuite, cantine……….

    Le libéralisme dans le monde et en Europe est facteur de progrès. Il mérite plus de respect et moins de contrevérités. De sottises !

    Conclusion : Notre « Nomenklatura en France » (en russe : номенклату́ра) C’est l’ensemble des politiques, des syndicats, des hauts fonctionnaires…. Avec l’appuis des nombreuses troupes des fonctions publiques, des entreprises
    d’état : EDF, GDF, SNCF, ANPE, Sécurité Sociale, agents territoriaux,
    Santé et d’innombrables société d’économie mixes subventionnées par nos impôts les PPP ( partenariat public/privé )

  • jamas

    Je souscris tout à fait aux propos de ci-dessus, qui plus est, agrémentés et argumentés par plusieurs chiffres statistiques indéniables.
    Mais je rajouterais quand même une chose.
    N’oublions pas le comportement général rassemblé sous le vocable de  »l’optimisation fiscale » auquel je rajouterais la fraude fiscale.
    L’optimisation fiscale (paradis fiscaux, prix de transfert,…) fait perdre au bas mot 60 à 80 milliards €. annuels dans les caisses publiques.
    La fraude fiscale c’est en gros 50 milliards €. annuels
    Total : 120 à 130 milliards €. annuels sans compter la concurrence économique déloyale.
    Avec tout ça on pourrait résorber largement nos déficits publics annuels. C’est théorique, certes, mais c’est mathématique.
    Et la cupidité amenant à ces comportements déviants est très largement libérale. Le monde actuel, où tout est devenu marchandisé, est très largement inspiré de la culture américaine, personne ne peut le nier. Les américains ont la fâcheuse tendance de mettre tout sous l’égide de  »how to make money with that ». Et après en avoir bien profité ils nous sortent des W buffet ou B Gates qui font dans charity-show pour ne pas dire le charity-business.
    Donc moyennons !
    Oui il y a les profiteurs du système social, oui il y a les profiteurs du système étatisé à outrance, oui il y a les profiteurs du système libéral.
    C’est la gestion rigoureuses des affaires publiques, qu’elle soit de gauche ou de droite, qui est à rechercher avant tout.

  • RChronique

    Oui mais tous ces grands instruits pour la plupart c’est soit papa avec maman avec une grande partie du fruit du travail des autres qui leurs ont permis de faire des grandes études, mais après, faites dont les travailler au pied d’un mur, d’une machine et vous allez voir le résultat….Comme le disait des anciens, ils ont out dans la gu..ule avec l’argent et les bras des autres !
    Les mensurations maintenant c’est belle frimousse, la parole facile sur les grandes théories et hop le poisson est dans la naze pour une mandature, mais maintenant depuis le temps que ça dure maintenant il est trop tard, un jour ou l’autre les sans grade vont aller les délogés là ou il se trouveront et c’est pas la force publique si nombreux soit-il qui empêchera une rébellion….On n’en n’a ras le bol des uns comme des autres, ça fait presque trois générations de sacrifier ça suffit….

  • RChronique

    Bruno Lemaire comme les autres, ils sont tous plus ou moins objectif quand ils sont dans l’opposition et après c’est toujours la même rengaine remixé au gout du jour

  • Gdeangeli

    La France droguée à l’argent public et à l’état.
    Il est certain que la France est gouvernée par des fonctionnaires de droite et de gauche.
    Seuls
    quelques parlementaires courageux comme Bruno Lemaire soutiennent
    l’idée que tout fonctionnaire qui veut être élu devrait démissionner de
    la fonction publique.
    Ce qui devient clair c’est que l’argent public
    est détourné de sa véritable raison d’être qui est d’assurer les
    fonctions régaliennes de l’état seulement.
    – il faut privatiser des secteurs considérables de l’activité étatique, y compris l’éducation
    Modifier le statut des fonctionnaires non régaliens pour l’aligner sur le privé.
    Qui sera l’artisan de ce grand chambardement ???

    Gérard de Angéli

  • jamas

    Y quand un problème avec nos élites en France, c’est clair. Sans vouloir absolument reprendre ce thème du Front National, il y a un problème avec nos élites. On peut quand même examiner cette question. Elle n’est pas taboue. Bien sûr dès qu’on commence à regarder la question, les élites crient au scandale et à la démagogie. Mais tout le monde doit faire son autocritique, objectivement, posément.
    Faire des dettes, des dettes, des dettes à n’en plus finir, sans se soucier de la suite et de la morale de l’histoire, quand on a tous bac+ 10, l’ENA ou une autre grande école en poche, y a un problème, c’est indéniable. On fait des gorges chaudes avec des problèmes bien plus subalternes que celui-là.
    Nos 2000 milliards €. de dettes publiques ne sont pas venus tous seuls.
    Il y a eu les responsables politiciens décideurs en premier lieu, puis les conseillers du P.R. ou ministériels qui ont poussé à la roue pour faires des choses qui coûtent, puis les hauts fonctionnaires préparant puis mettant tout en musique, qui ont été à la manœuvre pour en arriver à ses 2000 milliards €. de dettes insurmontables.
    Ca n’est pas le français moyen, l’homme de la rue qui a créé ces dettes. Au pire il a voté pour ces paniers percés, fait un peu pression dans sa catégorie socioprofessionnelle mais ca s’arrête là.
    Certains sont plus responsables que d’autres. Ils ne faut pas qu’ils se défaussent.
    Il faut bien nommer les responsables.

  • gege60

    Pauvre France, C’est pas facile…. Pour François et pour Nicolas…

    Avec la crise financière, la gauche et une partie de
    la droite ne cessent de brandir le spectre de l’ultra libéralisme. Et cela,
    dans un pays où il n’existe pas une once de libéralisme. Nous nageons depuis
    des décennies en plein socialisme. Avec 56% / 58 % d’économie
    étatique ! Les libéraux font, en France, l’objet d’un ostracisme
    injustifié et injustifiable, conduisant volontiers à qualifier de « ultra » une
    philosophie politique, le libéralisme, qui repose sur les trois piliers
    indissociables que sont la liberté, la responsabilité et la propriété :

    Ou est donc l’ultra libéralisme Français ?

    Avec 25 % d’emplois étatique, coûteux et peu productif… Ce qui ruine la France

    Avec 48 % de prélèvements obligatoire. Ce qui ruine nos emplois…

    Avec 58 % de dépense publique. N° 1 au monde… Ce qui ruine nos entreprises.

    Avec 4/5 % de dette en plus par an. Pour du social à Crédit…

    Avec 200 milliards de charge de plus que l’Allemagne. CQFD

    Avec 7 niveaux d’administrations ! source de gaspillages, de fromage républicain !

    Avec en plus des déficits permanent, de l’état, de la Sécu, des Assedic, du commence extérieur , des retraites, etc, etc………….

    Avec un code du travail de 1200 pages, une multitude
    de réglementations qui paralyse notre économie, brident nos libertés

    Avec des impôts et des taxes en folie ! sur le travail, le capital , et le reste…

    Notre bien-pensante médiatique se confond elle-même avec ce socialisme rampant qui donne un pouvoir quasi absolu aux fonctionnaires et donc, par des effets pervers, à l’Etat providence ! démagogie et clientélismes…

    Ce qui génère une politique définie par des élus fonctionnaires a 80 % Avec, pour résultat, une sphère étatique qui ne cesse de gonfler ses troupes aux dépens du privé contraint à dégraisser ou à délocaliser ou à déposer le bilan :

    (désindustrialisation-délocalisation). Les caisses sont vides ! Les structures
    irréformables , coûteuses avec de puissante lobby. Les cercles
    alter et gauchistes, bien que très minoritaires, influent sur nos politiques :
    Démagogie et manque de courage sont devenus la règle commune droite/gauche, ce
    qui explique le retard français pour des réformes de structure
    indispensables. La survie de nos fameux « acquis sociaux » . Acquis sociaux en périls, responsables de nos dettes abyssales. un cadeaux pas très sympa, fruits de nos égoïsmes pour les générations futures ! nos enfants et petits enfants….

    Malgré notre exception française, ( Que bizarrement personne ne copie ? ) Le
    mouvement libéral est pour moi irréversible car dans la nature profonde des
    hommes. Avec des règles sociales juste, responsable et raisonnables, une
    économie libérée, stimulée par une concurrence loyale, source de progrès,
    de solidarité, dans une égalité réelle entre tous les citoyens.

    Impôts, Cotisations, Dettes = Chômage….

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