Pierre Gattaz, patron du MEDEF : « Notre pays ne fait plus rêver »

Le 01/12/2013

Exil fiscal, exode des jeunes diplômés, délocalisation des créateurs d’entreprises, réduction de la dépense publique, CICE, Taxe à 75%, ISF : Pierre Gattaz, le nouveau patron du MEDEF, fait le tour de tous les sujets d’actualité pour les Enquêtes du Contribuable.

Des propos parus dans notre numéro de décembre 2013- janvier 2014 « Ces Français qui fuient le socialisme », et dont nous publions l’ intégralité en exclusivité  pour notre site.

La fiscalité française est si forte que de nombreux chefs d’entreprise s’exilent. Constatez-vous une forte hausse de cette émigration économique ?

Malgré tous nos atouts, et ils sont nombreux, notre pays ne fait plus rêver. La France ne fait plus envie. Nos talents partent, nos grands groupes hésitent à investir en France. Et des familles d’entrepreneurs continuent de quitter le pays, pour créer ou  développer leurs entreprises hors de France, vers de meilleurs cieux fiscaux. Ils le font sans bruit, discrètement.

Le phénomène est réel et continue depuis plusieurs années, mais il s’est accentué ces dernières années.  En 2011, plus de 35 000 foyers fiscaux ont quitté la France, contre 21 600 en 2010. En outre, en raison du poids excessif de la fiscalité, et plus particulièrement de l’ISF, beaucoup d’entreprises familiales disparaissent, les héritiers n’ayant pas forcément les moyens d’acquitter l’ISF sur leurs parts.

Certes, la réforme Dutreil a adouci le régime fiscal en exonérant partiellement d’ISF, à certaines conditions, les parts détenues dans le cadre d’un pacte d’actionnaires, mais il n’en demeure pas moins que les parts d’entreprises ne doivent pas être soumises à l’ISF.

L’ISF est un impôt anti-économique. Il n’affecte pas les œuvres d’art mais il vise les entreprises. Et des entreprises qui sont vendues, c’est une partie de notre patrimoine et savoir-faire industriel et de service qui part.

Beaucoup d’étudiants qualifiés quittent la France une fois leur diplôme en poche. Cet exode a-t-il un effet sur le recrutement des entreprises ?

Oui effectivement, et si l’on en croit la dernière enquête Louis Harris, pour l’Institut Montaigne, les étudiants des écoles françaises les plus réputées seraient 79 % à «envisager» de partir à l’étranger pour chercher un emploi. Londres serait la 6e ville française, selon la BBC. Actuellement, deux millions de jeunes Français vivent en-dehors des frontières nationales, ce chiffre a doublé en 12 ans. Et parmi eux, plus de la moitié ont un niveau master (41 %) ou doctorat (12%). Quand un pays perd sa matière grise, c’est très grave et très inquiétant pour l’avenir.

Certaines sociétés  organisent la délocalisation fiscale de leurs cadres supérieurs. La surtaxe à 75 % a-t-elle accentué cette tendance ?

La taxe à 75 %, une absurdité économique, ne va qu’amplifier le phénomène. Soyons clair : l’immense majorité des chefs d’entreprise ne sont pas concernés puisque le salaire moyen d’un patron de PME est aux environs de 5000 euros par mois. Mais c’est un symbole, une taxe « dogmatique » qui envoie un mauvais signal aux investisseurs du monde entier. Je constate d’ailleurs que, bizarrement, ce sont les clubs de foot qui protestent et qui ont été touchés…

Selon vous, quels signaux faudrait-il envoyer aux exilés fiscaux pour les inciter à rentrer en France ?

La suppression de l’ISF et de la taxe à 75 %, deux impôts emblématiques de l’acharnement fiscal,  serait certainement de nature à  convaincre les exilés fiscaux de retrouver le chemin de la France.

Essentiellement car ce serait un signal fort que l’état d’esprit a changé en France. Il faut en effet cesser de suspecter la réussite et la prise de risque. Cette chasse aux talents ne fait qu’appauvrir la France. Il serait temps de le comprendre. Je pense donc qu’un signal fort serait que le gouvernement mette réellement en avant les entrepreneurs de notre pays, dise que ce sont des héros, les cite en exemple, et évite toute prise de position anti-économique ou des expressions absurdes comme « cadeaux aux patrons » ou « cadeaux aux entreprises »…

Quand il y a un problème, quel qu’il soit, on invente une taxe.

Comment résumez-vous la politique fiscale de l’Etat depuis le changement de gouvernement ?

Il n’y a malheureusement pas eu de changement de la politique fiscale de la France. Depuis 30 ans, nos politiques ont la même réponse : quand il y a un problème, quel qu’il soit, on invente une taxe. Depuis 2011, c’est 30 milliards de prélèvements supplémentaires qui ont pesé sur les entreprises. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le président de la République lui-même. C’est vrai qu’on a eu l’impression d’assister à une véritable surenchère fiscale depuis un an avec une politique en zigzag, qui laisse un sentiment d’improvisation et  d‘insécurité pour les chefs d’entreprises.

Ce qui est dramatique, c’est qu’au final, cela alimente l’exaspération et la défiance.  Cela donne le sentiment que le gouvernement navigue à vue, sans cap, ni boussole. Le feuilleton et les avatars de la taxe sur l’EBE (excédent brut d’exploitation) en taxe sur l’ENE (excédent net d’exploitation) et en surtaxe d’IS ( impôt sur les sociétés) en sont une illustration à la limite de la caricature.

Ces allers-retours incessants découragent l’envie d’entreprendre  et témoignent  d’une méconnaissance de l’entreprise et de sa logique économique. L’hyperfiscalité et l’instabilité fiscale sont deux freins à l’investissement, au développement des entreprises. Les entreprises ont besoin de lisibilité et de prévisibilité pour travailler, pour établir leurs business plan.

La réforme des retraites est sur le point d’être votée. S’agit-il d’une réforme ou d’une réformette ?

Ni l’une, ni l’autre, c’est une non-réforme. Nous avons besoin de manière urgente d’une vraie réforme structurelle qui remette les choses dans l’ordre pour plusieurs  années.

La situation est dramatique, la France est à la croisée des chemins : nos régimes sont déficitaires de 15 milliards d’euros par an et, d’ici à 2020, nous allons accumuler de nouveaux milliards d‘euros de déficit. Face à cette situation, le MEDEF avait proposé 24 mesures courageuses qui devaient permettre de rétablir l’équilibre des comptes de manière rapide (non pas après 2030) et durable.

Seuls deux paramètres nous semblaient activables : la durée de cotisation qu’il faut augmenter de 41 à 43 ans à l’horizon 2020 et  l’âge légal qu’il faut faire passer de 62 à 63 ans.

Or que nous propose le gouvernement ? Une hausse des taxes et des cotisations.  Ce faisant, on ne règle rien. Comment croire en effet que les seules cotisations des entreprises et des salariés vont pouvoir combler les dizaines de milliards de déficit accumulés ? En cédant une fois de plus à la facilité de la hausse des cotisations, le gouvernement envoie un mauvais signal, même s’il a indiqué que cette hausse sera compensée.

Taxer conduit à baisser la compétitivité des entreprises, déjà à la peine, et crée du chômage : 0,1 % de hausse de cotisation, c’est à terme 6 à 10 000 chômeurs supplémentaires. Taxer, ce n’est pas réformer, c’est faire le choix du chômage.

Par ailleurs, le dispositif concernant la pénibilité suscite beaucoup d’inquiétude chez les chefs d’entreprise avec l’obligation d’établir des fiches d’exposition qui sont des dispositifs très complexes pour les PME et pourront être contestées par les salariés.

De plus, cela  déclenchera de nouveaux droits liés aux seuils de pénibilité prévus par la loi.  C’est une nouvelle boîte de Pandore que l’on ouvre là avec en outre l’idée sous-jacente que le travail lui-même est pénible. Ce volet pénibilité risque d’avoir les mêmes effets pervers que le poison lent des 35 heures qui diffuse l’idée que le travail est un esclavage dont il faut se libérer.

Le poison lent des 35 heures qui diffuse l’idée que le travail est un esclavage dont il faut se libérer

Bercy a finalement renoncé à taxer l’excédent brut d’exploitation en contrepartie d’une surtaxe de l’IS (impôt sur les sociétés). A quel niveau d’imposition la France se situe-t-elle par rapport à ses principaux concurrents européens ?

Le relèvement de la surtaxe d’IS de 5% à 11 % se traduit par une hausse de 4 points du taux de l’IS.

Le taux de l’IS, déjà l’un des plus élevés d’Europe, passera ainsi de 33,33 % à près de 37  % auquel s’ajoutent d’autres prélèvements, comme la contribution sociale sur l’IS ou la taxe sur les dividendes.  Dans les pays de l’OCDE, seuls les Emirats arabes unis, et le Japon font mieux- ou pire- avec respectivement un taux de 44 %  et 38,01 %.

Avec cette augmentation, la France fait encore figure d’exception au sein de l’Europe. En 2013, seul Chypre, la Grèce et la Slovénie, des économies sous assistance, ont augmenté leur taux d’IS.

A l’inverse, tous nos voisins baissent leur impôt sur les sociétés : la Grande-Bretagne, la Suède… L’IS allemand est à 15 % et la moyenne européenne à 23,5%. Et Lisbonne vient d’annoncer une baisse progressive de son IS entre 2014 et 2016.

Mais il ne sert à rien de disserter, comme d’habitude on a pris le problème à l’envers : il fallait trouver 2,5 milliards d’euros de recettes pour compenser le rendement prévu par la taxe initiale sur  l’EBE.  Il aurait été envisageable de baisser les dépenses publiques d’autant. Mais non, on s’en tient toujours à la même recette : taxer.

La taxe, la surtaxe, la surcotisation, la surcontribution sont en fait le seul invariant stable, constant  de nos politiques depuis 30 ans, ce qui pénalise la compétitivité de nos entreprises, donc l’emploi.

Avez-vous le sentiment que la cote d’alerte fiscale soit dépassée en France ?

Oui bien sûr et je ne suis pas le seul, le premier à avoir employé l’expression « ras-le-bol » fiscal dès le mois d’août est Pierre Moscovici.

On est passé de la fiscalité à l’hyperfiscalité tant sur les entreprises que sur les ménages. Avec les effets pervers que cela comporte selon l’adage qui veut que « trop d’impôt tue l’impôt ».

La Cour des comptes l’a noté : alors que les deux derniers gouvernements ont augmenté les prélèvements, les recettes fiscales restent inférieures à leur niveau d’avant la crise. La pression fiscale affecte la consommation, encourage l’exode fiscal  et favorise le travail au noir. Avec à la clé des répercussions sur la croissance et l’emploi.

De plus, le niveau d’exaspération atteint risque de provoquer des débordements – l’exemple de l’écotaxe en Bretagne doit être regardé de près. L’annonce par le président de la République de l’organisation avant la fin de l’année d’Assises de la fiscalité est donc une bonne nouvelle.

La France ne peut pas faire l’économie d’une grande réforme fiscale. Nous sommes prêts, au MEDEF,  à nous engager dans une réflexion sur de nouveaux principes fiscaux.  Mais il faut que cela dépasse le stade des intentions et débouche sur des mesures concrètes dans une logique de baisse des prélèvements obligatoires, donc des dépenses publiques.

Quels seront les effets du CICE pour la compétitivité et l’emploi en 2014 ?

Il est trop tôt pour le dire. Le CICE, décidé à la suite du rapport Gallois, est une  mesure qui va dans le bon sens. Mais cela ne suffit pas ! Les 20 milliards de CICE ne font que compenser les 30 milliards de prélèvements obligatoires qui ont été rajoutés sur les entreprises entre 2011 et 2013. Nous sommes donc revenus à la case départ, c’est-à-dire 2010 avec des marges des entreprises les plus faibles d’Europe.

Multiplier les ponctions et dans le même temps les dispositifs pour en minorer les effets ne fait pas une politique compétitive. Pour des raisons de lisibilité et d’efficience, nous préférerions plus de simplicité et moins de créativité fiscale.

Si l’on veut renouer avec la compétitivité et l’emploi, il faut faire une politique favorable aux entreprises, c’est-à-dire baisser les prélèvements obligatoires, impôts et charges. Il faut baisser la fiscalité sur les entreprises afin qu’elles puissent développer une vraie politique de l’offre avec des produits innovants et différenciés et réduire le coût du travail afin qu’elles puissent les exporter. Mais  pour cela, il faut impérativement réduire les dépenses publiques.

Sans une réduction du train de vie de l’Etat, on ne pourra pas faire baisser les impôts et les charges. Aujourd’hui, on est quand même dans un dispositif absurde : on augmente les impôts, puis on se rend compte que ça met à mal l’activité économique, alors on invente l’anti-douleur, le CICE, puis on se demande comment on va financer l’anti-douleur, alors on réfléchit sur de nouveaux impôts pour le financer, la taxe carbone… Cherchez l’erreur !

On fait passer pour une réduction des dépenses publiques ce qui n’est qu’un ralentissement de l’augmentation

Vous êtes favorable à une diminution de la dépense publique. A cette aune, comment jugez-vous le projet de budget 2014 ?

La réduction des dépenses publiques figurant dans le PLF 2014 n’en est pas une : certes, on diminue les dépenses publiques de 15 milliards mais on les augmente chaque année de 20 milliards.

On est en train de faire passer pour une réduction des dépenses publiques ce qui n’est qu’un ralentissement de l’augmentation.

Or avec une dépense publique qui s’élève à 57 % du PIB – 45 % en Allemagne, soit 240 milliards de moins – il y a une vraie marge de manœuvre pour diminuer la dépense publique sans affecter la qualité des services.

Nous avons créé au MEDEF un pôle « Sphère publique » chargée de travailler sur cette question. Nous proposons de baisser la dépense publique de 100 milliards sur cinq ans, ce qui représente 20 milliards par an. Cela peut paraître beaucoup mais rapporté au montant des dépenses publiques – 1 150 milliards d’euros  chaque année ! – c’est 1,7 % d’économie par an.

1,7 % ! N’importe qui dans son entreprise, ou même dans son foyer, est capable de baisser ses dépenses de 1,7 %. Mais pas les pouvoirs publics ? A qui peut-on faire croire cela ? Les Canadiens ont réduit en trois ans leurs dépenses publiques de 14 points de PIB. Et ils n’ont pas provoqué une révolution.

Comment feriez-vous économiser de l’argent à l’Etat si vous étiez nommé à la tête de Bercy ?

Les gisements d’économies sont nombreux. Le premier poste de dépense publique en France – plus de la moitié du total des dépenses –  c’est la protection sociale (retraites, chômage…) et la santé. Je ne veux pas diminuer les prestations et leur qualité, je veux juste, dans un premier temps, rationaliser les dépenses, mieux les gérer en termes de processus notamment.

Prenons un exemple simple : tous les rapports disent que développer la médecine ambulatoire permettrait d’économiser 6 milliards d’euros par an. La médecine ambulatoire, c’est permettre aux patients d’être soignés chez eux au lieu d’être à l’hôpital, dans les mêmes conditions de suivi médical.  C’est quelque chose qui est plébiscité par les malades qui préfèrent souvent être chez eux, qui peut générer des économies, que tous les autres pays développent. Et nous, on ne fait rien. Ce n’est pas sérieux.

Autre exemple : le mille-feuille territorial. En France, on a 5 niveaux : le pays, la région, le département, l’intercommunalité, la commune… Et on songe à rajouter la métropole ! Est-ce bien utile ? Ce n’est pas anodin : en 2012 les dépenses des administrations publiques locales se sont élevées à près de 250 milliards d’euros, ce qui représente plus de 20 % des dépenses publiques. On a ainsi sur la table des dizaines d’idées possibles pour réduire les dépenses publiques tout en maintenant la qualité des services : recours au numérique, véritable gestion des ressources humaines, mobilité fonctionnelle des fonctionnaires…

Ce qui manque, ce ne sont pas les idées, c’est le courage politique. Cela dit, ce n’est pas propre à ce gouvernement, tous les gouvernements se sont révélés incapables de mener à bien une véritable baisse des dépenses publiques.

Nous ne sommes pas et n’avons jamais été demandeurs de subventions

Certains économistes ont proposé de supprimer l’impôt sur les sociétés avec, en contrepartie, la fin de toutes les subventions d’entreprise. Ce type d’accord est-il envisageable ? 

De toute façon, il faut baisser l’impôt sur les sociétés qui, avec le doublement – provisoire – de la surtaxe, atteint un niveau record, commence à faire fuir les investisseurs et porte un coup fatal à l’attractivité de la France.

En règle générale, c’est l‘ensemble des prélèvements obligatoires qu’il faut baisser. Et pour cela, une seule solution : la baisse des dépenses publiques. Je me répète, mais je sens bien que nos gouvernants, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’ont pas encore bien compris cet impératif.

S’agissant des subventions dont « bénéficient » les entreprises, qui ne sont en général que des compensations, nous ne sommes pas et n’avons jamais été demandeurs.

Les subventions ou compensations sont souvent des anti-douleurs pour permettre aux entreprises de continuer de fonctionner. Supprimons la douleur et nous pourrons supprimer l’anti-douleur.

La fiscalité française change en permanence. Cette spécificité nationale  pèse-t-elle sur l’activité des entreprises et, au-delà, sur l’emploi ?

Bien sûr. Entreprendre, c’est anticiper et anticiper, c’est  prendre des risques. L’entreprise se projette en permanence dans l’avenir pour imaginer les nouveaux produits, étudier de  nouveaux marchés.

Les entreprises françaises ont besoin d’un environnement que j’appelle « 5S », c’est-à-dire simplifié, stabilisé, souple socialement, serein fiscalement et sécurisé.

Si, à l’incertitude  conjoncturelle, vous ajoutez la pression et l’instabilité fiscale dans un environnement mondialisé très compétitif, vous mettez l’entreprise en péril. Et tout ce qui fragilise l’entreprise fragilise évidemment l’emploi.

Sans compter qu’en matière de fiscalité vous n’êtes jamais à l’abri d’un revirement. Non seulement vous ne pouvez préjuger de l’avenir mais vous n’êtes pas davantage garanti contre le passé qui peut vous rattraper avec le principe de rétroactivité qui fait de tout contribuable un délinquant en puissance.

  Quelles positions défendrez-vous lors de la négociation sur le renouvellement de la convention d’assurance-chômage  de 2014?

 Les incitations à la reprise du travail doivent être améliorées, par exemple l’aide à la mobilité, le logement, le travail des conjoints. Comment expliquer en effet que  400 000 emplois restent non pourvus dans un pays qui affiche un taux de chômage de 11 % ?

De plus, nous avons déjà un déficit annuel de 5 milliards d’euros sur l’assurance chômage, il faut donc revenir à l’équilibre.

Je pense que le patronat ne peut plus cautionner des systèmes lourdement déficitaires qui laissent à nos enfants et nos petits-enfants des bombes à retardement car il faudra bien un jour rembourser les déficits accumulés. Mais nous allons discuter de tout cela avec les partenaires sociaux en fin d’année.

Vous venez de communiquer 11 propositions sur la réforme de l’apprentissage et promis de créer 1 million d’emplois en cinq ans. Pourquoi les coûts de formation sont-ils aussi aléatoires d’une région à l’autre ?

On a besoin d’apprentis, c’est fondamental. Il y a 1,2 million d’apprentis en Allemagne, c’est l’une des clés de leur réussite économique.

En France, on compte 400 000 apprentis.  Avec ces 11 propositions incluses dans le « Pacte de l’alternance pour la jeunesse », que nous venons de rendre public, nous voulons mieux aligner les formations avec les besoins des entreprises et donner ainsi un avenir à nos jeunes. L’alternance, c’est une formule pédagogique très performante malheureusement trop dévalorisée en France.

Mais il faut également agir en aval. C’est pourquoi j’accorde la plus grande importance à la négociation sur la formation professionnelle. Avec 3,2 millions de chômeurs, 400 000 emplois non pourvus, la formation professionnelle fait partie des grands enjeux de notre pays.

Il faut simplifier le dispositif très complexe, notamment pour les petites entreprises, et améliorer l’efficience du système, c’est-à-dire l’efficacité du coût. Nous dépensons trop par rapport à l’efficacité du système global.

Par ailleurs, l’offre doit correspondre davantage aux besoins des entreprises. Nous travaillons avec les autres organisations patronales et les syndicats de salariés à moderniser de manière substantielle notre système aux bénéfices des salariés, des chômeurs et des entreprises. J’espère que nous pourrons déboucher rapidement sur une vraie réforme ambitieuse. C’est le sens des propositions que le MEDEF a présentées.

Créer 1 million d’emplois en 5 ans

Redoutez-vous un durcissement « idéologique » de certains syndicats dans les mois qui viennent ?

Nous devons tous avoir la même priorité : l’emploi. Le chômage de masse est à la fois un drame et un scandale. La lutte contre le chômage doit transcender tous les clivages, ce doit être une priorité nationale.

Face à cette situation, nous avons décidé, nous, MEDEF, de réagir. Nous venons d’afficher notre ambition de créer 1 million d’emplois en 5 ans. Mais nous ne pouvons le faire ex nihilo, il faut que nous ayons les conditions pour le faire.  C’est le sens du « Pacte de confiance » que j’ai proposé à François Hollande, lors de notre rencontre en juillet : le gouvernement nous crée un environnement réglementaire, économique et législatif favorable, les entreprises, elles, s’engagent à tout mettre en œuvre pour ramener le taux de chômage en dessous de 7 % à l’échéance 2020.

Pour que cette ambition devienne réalité, il faut impérativement engager des réformes visant à baisser la fiscalité sur les entreprises, baisser le coût du travail, simplifier la réglementation, baisser les dépenses publiques… Je viens d’envoyer un courrier à tous les chefs d’entreprise de France les appelant à se mobiliser autour de cette ambition que nous avons formalisée dans notre projet « 2020-Faire gagner la France » et à relayer auprès des élus, maires, députés, sénateurs, nos propositions de réformes indispensables pour y arriver.

Certains salariés, dont les cadres, se plaignent de la disparition de l’exonération fiscale sur les heures supplémentaires. Souhaitez-vous le rétablissement de cette mesure ?

Cette mesure avait le triple mérite de donner un surplus de pouvoir d’achat aux salariés, d’alléger les charges des entreprises sur les heures supplémentaires et d’assouplir le carcan des 35 heures.

Mais en règle générale, nous chefs d’entreprise, préférons les choses plus simples, à savoir une baisse générale du coût du travail et la fixation d’un temps de travail conventionnel. Je souhaite que nous réfléchissions calmement et en profondeur à ce sujet, avec des chefs d’entreprise, des juristes, des cadres et des salariés en prenant pour point de départ l’idée que c’est dans l’entreprise ou dans la branche que doit être fixé un temps de travail non pas légal mais conventionnel. Et c’est au-delà de ce seuil non généralisé que doivent être déclenchées les heures supplémentaires.

Propos recueillis par Didier Laurens pour Les Enquêtes du contribuable.

« Ces Français qui fuient le socialisme », Les Enquêtes du contribuable décembre 2013/ janvier 2014 – 68 pages, 3€50.  Suivre ce lien pour commander en ligne le numéro.

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Publié par Rédaction le 01/12/2013
Par poutine, le 21/05/2014

c’est clair que quand on voit les patrons francais et leur facon de diriger leur entreprise, leur mantelité digne de l’ancien régime, cela ne fait pas rêver. D’autant que la France détient le triste record du nombre d’épuisements professionnels en Europe, ce qui est très symbolique de ce qui se passe dans notre pays.
Les entreprises francaises s’en foutent de la France et des francais, ne se sentent pas partie prenante de la société; le seul souci des dirigeants c’est leur salaire et l’ISF….

Par Srinivasan, le 19/03/2014

Ben tiens! Pas besoin d’être diplômé de l’ENA pour comprendre que ce gouvernement est peuplé de « voleurs » et d' »incapables », à commencer par Fromage Ier qui est trop accaparé par ses « ménages » et à courir le guilledou, ou à satisfaire ses homos et autres, plutôt qu’à traiter correctement les problèmes. Il pense qu’un plâtre sur une jambe de bois peut obtenir la guérison! Je me demande comment il a pu obtenir un diplôme de l’ENA ??? Il est encore mille fois plus « k.. » que Sarko !

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