76 % des Français ne veulent plus de fonctionnaires à l’Assemblée

Les Enquêtes du contribuable "Profession politicien"
Le 16/10/2013

Un peu plus de trois-quarts des Français affirment être favorables à l’interdiction de cumul d’un mandat politique avec un emploi de fonctionnaire (76 %), privilégiant ainsi l’évitement d’éventuels conflits d’intérêts à la possibilité pour les fonctionnaires de retrouver leur poste en fin de mandat.

Moralisation de la vie politique : les Français demandent du changement. Sondage exclusif IFOP / Les Enquêtes du contribuable n°1 « Profession politicien ». Acheter en ligne le numéro.

S’il est un thème sur lequel tous les Français se rejoignent, bien au-delà des fractures générationnelles ou politiques, c’est bien celui de la moralisation de la vie politique de leur pays à travers l’exemplarité des élus qui le représentent. Moralisation au travers du non-cumul des mandats (d’une fonction exécutive locale avec un autre mandat local, ou d’un emploi de fonctionnaire avec un mandat politique) ou au travers de l’inéligibilité à vie des élus condamnés dans l’exercice de leurs fonctions, les Français ne s’expriment que d’une seule voix.

Si, à l’heure où le manque d’intérêt des Français pour la chose politique est diagnostiqué, certains se satisferont de savoir les Français sensibles à ces problématiques, il ne faut cependant pas perdre de vue qu’une telle exigence peut s’interpréter comme étant le pendant d’une certaine méfiance à l’égard de leurs représentants.

Des seniors exigeants à l’égard de leurs élus

Pour les Français interrogés, la France a suffisamment d’élus. Leur jugement sur ce point est sans appel, puisque seuls 3 % d’entre eux estiment le nombre d’élus insuffisant dans notre pays et que 13 % le considèrent justifié.

Corollairement, plus de huit Français sur dix jugent le nombre d’élus en France excessif (84 %), laissant probablement entendre que des économies de deniers publics pourraient être réalisées si le nombre de représentants de l’Etat était raisonable. Certainement meilleurs connaisseurs du système administratif et politique, les personnes interrogées d’un âge plus avancé se révèlent plus critiques sur ce point ; la courbe de l’âge et celle de l’estimation du nombre excessif d’élus allant, ensemble, crescendo (de 72 % pour les 18-24 ans à 91 % pour les 65 ans et plus).

84 % des Français interrogés se disent favorables à ce que les personnes exerçant une fonction exécutive locale ne puissent plus également cumuler cette fonction avec un autre mandat local.

Tendance de l’opinion concernant la moralisation de la vie politique : l’exigence d’exemplarité appliquée aux élus croît avec l’âge des personnes interrogées. Ainsi, 79 % des 18-24 ans se déclarent favorables au non cumul d’une fonction exécutive locale et d’un autre mandat local, contre 85 % à 86 % des 35 ans et plus. Les professions intermédiaires sont également davantage enclines à vouloir interdire le cumul de ces fonctions (93 %, + 9 points par rapport à l’ensemble).

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Un peu plus de trois-quarts des Français affirment être favorables à l’interdiction de cumul d’un mandat politique avec un emploi de fonctionnaire (76 %), privilégiant ainsi l’évitement d’éventuels conflits d’intérêts à la possibilité pour les fonctionnaires de retrouver leur poste en fin de mandat.

Ici encore, on observe que le degré d’adhésion augmente avec l’âge : 67 % des 18-24 ans se déclarent favorables à cette interdiction de cumul, contre 77 % à 78 % des 35 ans et plus.

A l’égard de l’inéligibilité à vie des élus condamnés dans l’exercice de leurs fonctions, les Français interrogés sont quasi-unanimes : 90 % d’entre eux s’y déclarent favorables et 63 % s’y disent même très favorables.

Force est de constater, à nouveau, que les Français les plus âgés sont les plus exigeants à l’égard de leurs élus : entre 70 % et 74 % des 50 ans et plus affirment être très favorables à ce que les élus condamnés dans l’exercice de leurs fonctions soient ensuite inéligibles à vie, soit 30 points de plus que les plus jeunes interrogés (18-24 ans). Notons également, à titre subsidiaire, que les catégories socio-professionnelles (CSP) les plus aisées sont aussi plus sourcilleuses que les CSP les plus modestes quant aux conditions d’éligibilité de leurs élus, 73 % des CSP + se disant très favorable à cette suggestion d’inéligibilité.

Lire l’ensemble des résultats de l’étude.

Source : Les Enquêtes du contribuable n°1 « Profession politicien » octobre/novembre 2013 – 68 pages, 3,50€.  Acheter en ligne le numéro.
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Publié par Rédaction le 16/10/2013
  • Par phaléne, le 18/11/2013

    Robert ayant abordé le sujet sous l’angle des sondages, posons nous la question de la validité de ceux ci.
    Rituellement on nous pose des questions sur les services publics sans jamais définir l’ensemble « services publics ». Pourtant la dépense publique est le fait des administrations (centrales et décentralisées), des EPICs ( on connait la SNCF, EDF,..mais il y en a beaucoup d’autres en général inconnus), des autorités, indépendantes, hautes,…(inconnues du public), des organismes que je qualifie de paritaires faute d’en savoir assez ,et dont les effectifs sont astronomiques ( que bien peu des sondés connaissent, même partiellement). Les gens répondent avec ce qu’ils croient savoir; Ensuite les commentateurs commentent, en soulignant l’impossibilité de réformer, vu les contradictions des réponses obtenues.
    On croirait à une volonté de dissimulation, tant cette manière de faire est déloyale.
    Si vous voulez des réponses reflet de la volonté populaire , donnez d’abord l’information factuelle de base: Par exemple, il y a 50 000 (ou 80 000) organismes de formation professionnelle des adultes agréés par l’état, pensez vous qu’il faut réduire ce nombre? Qui doit piloter ces organismes? Quel rôle pour les syndicats?…Les réponses seront interprétables, et l’acceptation du changement évident.

    Et l’on ne pourra plus écrire que les français refusent l’impôt, car ils seront alors d’accord, pourvu qu’un objectif de simplification, et de clarification( ou de transparence) leur soit proposé. Notre problème numéro un , Robert, est le voile épais d’ignorance, entretenu soigneusement sur nos services communs, que je n’ose plus appeler publics, tant ils sont discrets et dévoyés.

    Par tosh, le 09/11/2013

    C’est intéressant.

    Par phaléne, le 31/10/2013

    A Robert, vous trouver vraiment un soupçon, ou une odeur, de catholicisme chez nos élus, qui sont l’incarnation du concept de république en France?? A la rigueur une odeur d’église à ses plus mauvais moments, mais de catholicisme zéro!

    .

    Par ROBERT, le 30/10/2013

    Mais bien sur car la SUISSE est une véritable démocratie qui laisse le champ de l’expression ouvert par la responsabilité individuelle à l’inverse de la FRANCE qui a récupéré par le psychisme la métaphysique catholique et nous pouvons dire que la république est un avatar sectaire qui invente l’individu chimère en opposition à l’individu dans la;hiérarchie mais qui ,rétablit immédiatement la référence à un système par la sacralité de l’état..Les révolutionnaires pensent la démocratie comme des chrétiens des premiers temps bibliques sans la transcendance mais avec les rites.

    Par phaléne, le 29/10/2013

    A Robert, c’est beau et savant ce que vous écrivez! Je vous ferai la remarque que je fais à tous les auteurs qui écrivent sur notre société, comme si elle était le reflet de l’humanité entière: suisse, vous écririez totalement autre chose, et bien plus optimiste.

    Par ROBERT, le 25/10/2013

    le sondage reconstitue de façon aléatoire et temporaire la réalité psychique et métaphysique du groupe mais en même temps cette technique tient à distance cette éphémère reconstitution du caractère propre à l’humain de la notion ontologique d’appartenance à la réalité humaine. La politique moderne est une entité psychologique et psychiatrique qui gère le troupeau des individus. L’élu, hors de lui car c’est sa nature profonde, s’est transformé en médium supposé restituer la « volonté générale » mais soumis en fait à sa propre psyché dégradée de l’extériorité.Que changerait 100% des sondés contre le cumul , Rien car nous sommes dans le temps des chimères de la raison qui est en fait une observation de soi par soi.

    Par ROBERT, le 25/10/2013

    tout cela révèle en fait l’impossibilité des « citoyens » de peser sur la réalité. Fruit de l’individualisme cette société est une collection de chimères qui ont délégué le pouvoir à des entités hors du réel. Enfait la réalité est une aElles sont d’autant plus implacables qu’elles gèrent des abstractions morales et mentales
    donnant le sentiment de s’adresser à chacun alors qu’elles ne s’adressent qu’à elle même.La masse des individus est vide de contenus transcendants et structurants. La pensée extériorisée est un papillon et le politique gère la psyché des foules.

    Par phaléne, le 18/10/2013

    Coupure involontaire. ou les salariés du privé: le conflit d’intérêts est évident.

    Dans un premier temps et pour ne pas provoquer de grèves inutiles, supprimer des statuts publics, les notions de détachement où que ce soit( il parait que les politiques ont renoncé à cet avantage?), et celle de mise à disposition hors de la fonction publique (donc ni politique, ni syndicale, ni bibliothèque municipale ou clubs divers,…). Cette simple modification de textes changerait radicalement le comportement des mondes et politiques et syndicaux….et permettrait ,peut être à l’état de compter ses troupes/

    Par phaléne, le 18/10/2013

    Il est pour moi tout à fait clair qu’un salarié de l’état ne peut se faire payer pour représenter le peuple ou les sala

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